02/10/2005

Pour un ami

L’enfant aux yeux myosotis marchait dans la neige, au-dessus de lui de gros poumons noir   soufflant un vent mortel.

Il n’ose pas lever les yeux vers le ciel de la fin, de l’agonie. Il regarde la pluie inversée de morphine qui endort le céleste malade.

 

Une larme tombera-t-elle sur la surface froide du sol ?

 

Cette terre qui attend la chaleur avec impatience, alors elle va appeler l’ange maintenant déchu. Pas de sourire pour le petit homme.

Un souvenir ?

Deux grandes mains marron, couvertes de boue, s’emparent du corps de l’oiseau paternel pour le terrer dans les magmas bouillants. Que faire lorsque l’enfant devine de nouveau le soleil ?

Du plaisir certes mais où trouver l’ombre rassurante d’un chêne si le guide n’est plus là ? C’est alors que l’initiation à la solitude débute, les arbres rentrent dans la terre devenue sable, les eaux jeunes et rieuses s’assèchent dans les gosiers démoniaques.

Le chameau, un ami, aimerait l’aider pour l’emmener jusqu’à l’oasis, mais où est-elle ? Quelle est son oasis ? Sans chemin, seules les formidables étoiles féminines sont capables d’indiquer la voie.

 

Mais n’existe t-il pas des leurres ?

La foi s’est noyée dans la sueur, dans l’impudique urine, mais la douce larme n’est pas tombée…

 

Le Sahara attend le son du sanglot, son chant du cygne.


11:14 Écrit par Schatten | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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