02/10/2005

On sonne à la porte.

La haine a un jour volé le corps d’un homme. Un petit homme laid. Depuis, elle me suit, je ne la crains pas mais elle me craint. Toutefois c’est elle qui a le pouvoir de la vie. Que vienne le temps où nous passerons la porte, pas sûr que la force ne change de bord.

 

Aujourd’hui, j’ai la salive aigre, acerbe à l’oreille, elle vient brûler le blanc de mes yeux ainsi, je ne profite pas de la beauté.

L’éphémère exil tel un vaccin n’a plus d’emprise sur mon parasite.

Moi, le chêne, je me noie dans le gui, qu’un druide vienne me sauver. Le vent souffle dans mes branches, le roseau lui-même pleure sur mon sort.

 

Elaguez-moi homme !

 

Ne soyez pas ce que toujours vous fûtes. Futiles paroles, soutiens d’invalides.

Quelqu’un voit-il la haine me croquer les talons ?

Quand je crie, le temps se suspend pour quelques heures, une guerre intestine éclate à coups d’ulcères, le sang quitte le lit du fleuve et je dois m’effondrer, fatigué, usé…

 

Croire à quoi ? La justice, victime des aiguilles impolies.

Qu’elle serait bonne ma violence si jamais, quittant mon pauvre corps, j’allais frapper la chair haineuse. L’herbe verte du quotidien pousserait alors chez moi, le gazon japonais fleurirait de nouveau, on verrait des hommes sourire.

 

Niaiserie ?

 

Incompréhension !

 

La haine loge sous mes pieds dans ce petit corps laid, on redoute son venin, morsure fatale, on en prend pour 20 ans et plus si récidive.

 

Innocents immobiles, c’est peut-être votre tour ?



11:20 Écrit par Schatten | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.