02/10/2005

La Chanson du Triste Peuple

Ils sont le triste peuple, celui qui ravit les autres tant son malheur est grand. Des générations et des générations de damnés dont l’identité à tentée d’être dévorée par les voisins, insatiables charognards, ils tentent ainsi d’accentuer la putréfaction du petit groupe, celui de la tradition intelligente.

Le triste peuple se crée un petit refuge de bonheur dans le chant, il chante souvent pour Dieu, alors, dans les temples de la foi, sombres et froids, le rôdeur qui a erré toute la nuit, tout le jour, est soudain réchauffé par les voix du peuple qui se lamente et qui chante la grandeur de l’imprononçable. Ce voyageur de fortune se sent alors séché, il lui vient l’envie de pleurer, l’émotion est inévitable.

 

Entre les sombres sapins d’une forêt de l’est, il a trouvé la zone de paix, celle qu’un ennemi ne pourra jamais découvrir, le triste peuple a le merveilleux avec lui, pas la nature qui n’est plus qu’un outil ou un décor si fragile, non ! Le merveilleux aime la justice, le vrai.

Ainsi, si le triste peuple peut échouer c’est que l’homme ne croit plus assez en la merveille.

 

Le vent berce les harmonies, les basses viennent soulever les feuilles au sol, le vieux ténor à la tête chenue entretient les pensées leurrées des voyageurs, enfin, la jeune fille, la soprane, chatouille l’oiseau dédaigneux sur la cime.

 

Quand la poudre et l’odeur du sang approchent le temple, les chants persistent et l’on voit alors les arbres ceindre la stèle, l’ennemi passe pensant devenir fou.

 

Le triste peuple est magique.



16:54 Écrit par Schatten | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.