02/10/2005

Faux

Elle vient de laver les impuretés laissées par les petits pieds des hommes égoïstes et le soleil bêtement tente de faire luire le macadam désespérément humain, on en pleure parfois là-haut, cette trace est si profonde. Et les petits humains ridicules se plaignent.

Qui saura le mieux exprimer son mépris d’animal vulgaire ?

 

Sans doute le plus humain, le plus sali du sang de bête belliqueuse que nous sommes. La rosée est désormais enterrée, sa nuance, sa douceur ne pleut plus rien pour nous, il nous faut le répurgateur sévère, celui qui gratte fort pour nous laver de la boue que nous suintons chaque jour, chaque heure, chaque minute.

 

« Chic ! Le soleil ! »

 

Le voici plutôt qui nous leurre, crois-le l’Apollon pauvre petit homme, souris-lui, ainsi tu verras que tu n’es pas un édenté et tes vêtements brillent, ne dit-on pas « être rayonnant » ?

Vivement la prochaine pluie me dit ma conscience d’homme éthérée, profitons du soleil me répond mon inconscient, mon maître, je suis esclave de ma face cachée.

 

N’en déplaise à Rousseau, notre prochaine littérature, celle du XXIème siècle, ne pourra que se voiler la face, chaque chant est faux, chaque regard est myope, le flou artistique devient un grossier mensonge.

La parole ne nous trahit plus et souvent ne nous sert plus, on peut tout faire croire, les mots sont de superbes refuges, celui qui n’est pas muet est faux, celui qui parle trop, souvent oublie par force et par insertion, l’autre se ment.

 

Enfin, il reste le saturnien hypocrite, le saturnien du dimanche mais parfois de la semaine…

 

Il reste bien égoïste !


16:38 Écrit par Schatten | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.